Il est à remarquer que la
situation des espaces verts en matière de lutte phytosanitaire
est une situation particulière :
La spécificité des
espaces verts
Les espaces verts constituent des milieux
hétérogènes
réunissant une grande diversité de zones à entretenir,
chacune d’elles pouvant rassembler de nombreuses espèces
végétales qui sont soumises à de multiples
agressions liées à l’environnement urbain et
péri-urbain.
Le milieu urbain est effectivement un
milieu particulier, dont les caractéristiques édapho-climatiques sont très éloignées
du milieu naturel pour les végétaux :
volume de sol prospectable par les
racines particulièrement
restreint, sols souvent remaniés, hétérogènes,
compactés,
sols pauvres en matières organiques,
sols pauvres en éléments
fertilisants,
pollution atmosphérique et édaphique,
risque de
blessures,
disponibilité en eau aléatoire…
Tous ces facteurs défavorables sont à l’origine
de l’affaiblissement des végétaux, donc au
développement de parasites de faiblesse ou à la pullulation
d’organismes nuisibles.
Plus les conditions de vie des végétaux s’éloignent
des conditions du milieu naturel, plus ils risquent d’être
atteints par des maladies, ou parasites.
Une protection phytosanitaire des plantations
s’impose
donc souvent, mais cette protection doit être raisonnée.
Les menaces ?
Comme décrit ci-dessus, les facteurs à l’origine
du dépérissement des végétaux en espaces
verts peuvent-être d’origines diverses :
Facteurs abiotiques :
Compaction, salages des voies de
circulation, sols remaniés,
absence de matières organiques …
Facteurs biotiques :
les maladies
les infestations d’insectes
les oiseaux et mammifères
La fonction esthétique des espaces verts peut en outre être
menacée à certains endroits en raison de la présence
d’adventices.
Pour limiter les conséquences des facteurs abiotiques,
une attention particulière sera apportée à la
qualité de l’aménagement : végétaux
de qualité, choix de variétés résistantes
aux maladies, raisonnement de la protection du pied de l’arbre
(contre la compaction par exemple), qualité du substrat
de plantation, volume de substrat de plantation, qualité du
travail de plantation…
Quant aux facteurs biotiques, un recours
raisonné aux
traitements phytosanitaires permettra d’envisager une lutte
chimique efficace.
La gestion raisonnée
La règle de base est la suivante :
Le recours à l’emploi des produits phytosanitaires
ne doit avoir lieu que sur les plantations le justifiant, dans
les sites qui l’exigent, juste au moment opportun, en opérant
le meilleur choix des produits dans un respect maximum du public
et de l’environnement.
Dans ce secteur « Espaces verts », il n’y
aura pas de risques « résidus » alimentaires
puisqu’il s’agit d’horticulture ornementale.
Par contre le risque « sécurité » lié à la
fréquentation de l’espace par des usagers devra être
pris en considération pour le choix des traitements en espaces
verts publics.
En bref, la règle sera «Traiter
juste avec ce qu’il faut, quand il faut, où il faut » .
Ce qui veut dire qu’il sera nécessaire :
de connaître la cause exacte des dommages observés
et donc établir un diagnostic précis,
de déterminer à quel type de nuisance il faut s’attendre
en fonction d’une évolution possible de ces dommages,
en fonction de cela, décider de la nécessité d’un
traitement.
Une bonne connaissance du cycle du parasite
ou de la maladie envisagée et le mode d’action des
produits seront alors indispensables pour choisir le moment et
la nature du traitement.
En conclusion ,
Pour limiter au maximum le recours aux
produits phytosanitaires chimiques en espaces verts, il sera
nécessaire d’assurer
aux végétaux les meilleures conditions de croissance
et de développement : un ensemble de mesures de prévention
pourront être mises en place : bonne préparation
du sol, bonnes pratiques de plantation, choix d’espèces
résistantes aux maladies ou parasites, choix d’espèces
adaptées au type de sol, au climat, distances de plantation
adaptées etc.
Certaines mesures prophylactiques permettront également
de limiter l’extension de maladies ou parasites.
Si le recours aux produits phytosanitaires
s’avère malgré tout
nécessaire, il se fera de manière raisonnée,
après qu’un diagnostic précis ait été posé.
Produits phytosanitaires
|